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Noyade : les gestes de premiers secours à connaître

Noyade : les gestes de premiers secours à connaître

Chaque année, la noyade cause plusieurs centaines de décès en France, notamment chez les enfants de moins de 6 ans et les personnes âgées. Rapide et souvent silencieuse, elle peut survenir en mer, en piscine, en rivière… mais aussi dans une baignoire. Connaître les bons gestes permet d’agir efficacement et d’éviter le pire.

Comprendre la noyade

Une noyade correspond à l’entrée d’eau dans les voies respiratoires, empêchant la respiration normale. On distingue :

  • La noyade asphyxique : la victime ne sait pas nager ou est épuisée et finit submergée.
  • La noyade syncopale : liée à une perte de connaissance (malaise, hydrocution, choc traumatique, panique).

Les 4 stades de la noyade

Aquastress : angoisse, ingestion d’eau mais pas encore d’inhalation.

Stade hypoxique (petite noyade) : entrée d’eau dans les poumons, respiration difficile, frissons, hypothermie légère.

Grande noyade (stade hypoxique avancé) : perte de conscience, cyanose (coloration bleue de la peau), sang mal oxygéné.

Stade anoxique : poumons saturés d’eau, respiration quasi impossible, risque vital immédiat.

Il existe aussi la notion de “noyade sèche” : la victime semble rétablie, mais quelques heures plus tard, des difficultés respiratoires apparaissent (toux, essoufflement, fatigue, lèvres bleues). Dans ce cas, une consultation médicale urgente est indispensable.

Les bons réflexes dès les premiers instants

Protéger sans se mettre en danger :

  • Si vous n’êtes pas formé, ne plongez pas.
  • Utilisez une bouée, une perche ou tout objet flottant.
  • Prévenez immédiatement un surveillant si la baignade est encadrée.

Alerter les secours :

  • Composez le 15 (SAMU), le 18 (pompiers) ou le 112 (numéro européen).
  • Communiquez des informations précises : lieu, état de la victime, circonstances.

Sortir la victime de l’eau :

  • Ramenez-la au sec le plus vite possible.
  • Allongez-la sur une surface dure et plane.

Vérifier l’état de la victime

Cas n°1 : la victime est consciente et respire

  • Parlez-lui pour évaluer son niveau de conscience.
  • Allongez-la, couvrez-la pour éviter l’hypothermie et rassurez-la.
  • Les secours doivent l’examiner, car de l’eau peut rester dans ses poumons.

Cas n°2 : la victime est inconsciente mais respire

  • Libérez ses voies respiratoires : basculez doucement sa tête en arrière, ouvrez sa bouche.
  • Vérifiez la respiration (regardez, écoutez, sentez pendant 10 secondes).
  • Placez-la en Position Latérale de Sécurité (PLS) :
    • Placez le bras le plus proche de vous à angle droit du corps, paume vers le haut.
    • Placez l’autre bras, main contre l’oreille, paume vers vous.
    • Relevez la jambe opposée, pied au sol.
    • Faites basculer la victime vers vous en tirant sur sa jambe.
    • Ouvrez légèrement sa bouche pour faciliter l’écoulement de l’eau et l’air.
  • Surveillez régulièrement sa respiration jusqu’à l’arrivée des secours.

Cas n°3 : la victime est inconsciente et ne respire pas (ou respire anormalement)

Commencez immédiatement une réanimation cardio-pulmonaire (RCP).

Réanimation cardio-pulmonaire (RCP) pour un adulte

5 insufflations de départ (bouche-à-bouche) :

  • Penchez la tête en arrière, soulevez le menton.
  • Pincez le nez, recouvrez la bouche de la victime de la vôtre.
  • Soufflez lentement (1 seconde) en vérifiant que la poitrine se soulève.

Massage cardiaque :

  • Placez vos mains l’une sur l’autre au centre de la poitrine.
  • Bras tendus, appuyez fort et vite (100 à 120 compressions par minute).
  • Enfoncez la poitrine de 5 à 6 cm.

Alternance :

  • 30 compressions thoraciques → 2 insufflations.
  • Reprenez sans interruption jusqu’à reprise d’une respiration normale ou arrivée des secours.

Défibrillateur (DAE) :

  • Utilisez-le dès que possible si disponible, et suivez ses instructions vocales.

Si vous ne pouvez pas pratiquer le bouche-à-bouche : continuez uniquement les compressions thoraciques.

Réanimation cardio-pulmonaire (RCP) pour un enfant ou un nourrisson

  • Débuter par 5 insufflations (bouche à bouche).
  • Compressions : Pour un nourrisson, 2 doigts au centre de la poitrine et pour un enfant, une seule main. 
  • 30 compressions pour 2 insufflations

Après le sauvetage : la surveillance indispensable

Même si la victime reprend conscience et semble aller bien :

  • Elle doit être examinée rapidement à l’hôpital.
  • Des complications respiratoires (œdème pulmonaire, noyade secondaire) peuvent apparaître plusieurs heures plus tard.

Prévenir les noyades : une responsabilité partagée

Pour les enfants

  • Surveiller en permanence (à portée de bras).
  • Sécuriser les piscines (barrière, alarme, abri, couverture).
  • Équiper de brassards ou maillots de bain flottants adaptés.
  • Retirer les jouets flottants après la baignade.
  • Apprendre à nager dès le plus jeune âge (dès 4 ans).

Pour les adultes

  • Ne pas nager seul ni en dehors des zones surveillées.
  • Éviter l’alcool, les drogues et certains médicaments avant la baignade.
  • Entrer progressivement dans l’eau pour prévenir l’hydrocution.
  • Se méfier des courants, des vagues et de la météo.
  • Ne pas surestimer ses capacités physiques.

La noyade peut être évitée par la vigilance et la prévention, mais lorsqu’elle survient, chaque seconde compte. 

Il faut se former aux gestes qui sauvent (PSC1, Croix-Rouge, SNSM, Ordre de Malte), cela reste le meilleur moyen d’être prêt à agir. Une compétence qui peut faire la différence entre la vie et la mort.

Publié dans: Sécurité piscine