L’enquête noyades 2006 a été réalisée par l’Institut de Veille Sanitaire et la Direction de la défense et de la sécurité civiles du Ministère de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire. Elle a lieu du 1er juin au 30 septembre 2006.
Le recueil des données est assuré par les secours intervenant sur place : pompiers, Samu- Smur, gendarmerie, maîtres nageurs sauveteurs, police, Croix rouge française, compagnies républicaine de sécurité, etc.
Son objectif était de recueillir et d’analyser les noyades survenues en France au cours des mois d’été 2006 afin de guider les actions de prévention et de réglementation.
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|  | Le nombre de noyades en piscine privée est passé de 172 en 2003 à 142 en 2004 et 166 en 2006.
Après ajustement sur le nombre de piscines et les conditions météorologiques, il apparaît que le taux hebdomadaire ajusté de noyades pour 100 000 piscines a augmenté en 2004 de 15 %, puis diminué en 2006 de 19 % par rapport à 2003. Néanmoins, ces variations ne sont pas statistiquement significatives.
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L’enquête NOYADES 2006 a enregistré, durant les 4 mois d’enquête, 211 cas de noyades en piscines (tous types de piscines confondus), dont 166 en piscines privées :
- 119 des piscines privées familiales
- 47 des piscines privées à usage collectif. |
Parmi les 119 noyades en piscines privées familiales, 70 étaient enterrées et 34 hors sol. Dans
15 cas, le type de piscine n’était pas spécifié.
La loi n°2003-9 relative à la sécurité des piscines oblige les propriétaires de piscines privées
enterrées, qu’elles soient à usage individuel ou collectif, à disposer d’un dispositif de sécurité
normalisé au 1er janvier 2006.
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L’enquête NOYADES 2006 rend compte d’un total de 14 décès en dehors d’une baignade en piscines privées enterrées, dont 4 seulement ont eu lieu en présence de dispositifs de sécurité activés, non conformes dans trois cas (barrière défaillante, bâche), le dernier cas étant dû à un malaise lors du nettoyage de la piscine.
Les enfants de moins de 6 ans constituent la plus grande partie de ces décès : 8 sur 14. Ces 8 décès ont eu lieu soit lorsque le dispositif n’était pas conforme, soit inexistant, soit lorsqu’il était inopérant. Par ailleurs, sur les 8 noyades non suivies de décès d’enfants de moins de 6 ans, 3 ont eu lieu alors qu’un dispositif de sécurité conforme était en place.
Cette juxtaposition de résultats est plutôt en faveur d’une certaine efficacité des dispositifs de sécurité. On peut supposer que les dispositifs en place ont pu contribuer à garder la vie sauve à certains enfants. On peut aussi supposer que l’absence de dispositif a pu représenter, pour d’autres enfants, l’absence de « dernière protection » contre la noyade.
Sur les 117 piscines enterrées dans lesquelles a eu lieu un accident de noyade, moins de la moitié (n=57) possédait un dispositif de sécurité déclaré. |
Ces conclusions doivent être considérées avec prudence. Elles reposent sur des données peu nombreuses et souvent incomplètes : dans plusieurs cas, on ne dispose pas d’information sur l’existence ou l’activation des dispositifs de sécurité, et on ne peut donc rien dire de l’éventuelle protection qu’ils apportent. De plus, ces informations sont déclarées directement par les secouristes qui ont pu, en fonction de la gravité de la situation, être influencés dans leurs réponses (notamment sur la notion de conformité des dispositifs de sécurité). Ces biais de déclaration sont impossibles à estimer et peuvent avoir une grande influence sur les résultats.
Une investigation au cas par cas sur place après la noyade devrait être organisée pour obtenir des conclusions |
La loi, entrée en vigueur au 1er janvier 2006, est donc loin d’être respectée sur ce sous-ensemble de piscines.
La loi permet de choisir parmi 4 types de dispositif de protection. L’enquête ne permet malheureusement pas de hiérarchiser l’efficacité des dispositifs les uns par rapport aux autres. Une investigation spécifique plus lourde, qui déborde les missions de surveillance épidémiologique de l’InVS, serait là aussi nécessaire pour vérifier les degrés d’efficacité des dispositifs conformes bien installés (volet roulant, puis abri, puis barrière, puis alarme).  |
Par définition, toutes les noyades d’enfants collectées dans l’enquête sont dues à un défaut de surveillance efficace. Celui-ci a d’ailleurs été spécifié dans les deux tiers des noyades d’enfants de moins de 6 ans en piscine privée familiale enterrés. On doit rappeler qu’aucun dispositif ne remplace la nécessité de faire surveiller les enfants, de manière rapprochée, par un adulte.
Ces dispositifs ne doivent en aucun cas entraîner une diminution de la vigilance des parents et adultes responsables. L’enquête a retrouvé, comme les années précédentes, que les victimes de noyades lors d’une baignade portaient rarement (3 enfants sur 22, tous non décédés) un « équipement de protection individuelle » (brassard par exemple).
Ces équipements constituent, après la surveillance rapprochée, un obstacle à la noyade.
Les noyades d’adultes en piscines privées enterrées sont le plus souvent la suite d’un malaise. Des conseils de prévention sont donc à adapter à l’intention des plus de 45 ans à cet égard.
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